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ISSN 1749-8155

Response to Review no. 10Printer-friendly versionPDF version

Author: 
Emmanuel Le Roy Ladurie2009-07-29T17:33:19+01:00

M. Brockliss veut bien considérer mon État royal comme un exposé innovateur et provoquant sur l'histoire de France après l'avènement de Louis XI, jusqu'à l'assassinat d'Henri IV. Ce livre, dit-elle, introduit au long XVIIe siècle de façon originale. Il pense pour sa part que l'idée de croissance longue, démographique et économique de tout le XVIe siècle vient du célèbre ouvrage de Braudel La Méditerranée, paru en 1949, le tout étant suivi d'une stagnation au XVIIe siècle et d'un essor au XVIIIe. Il considère que c'est aussi la thèse que j'avais reprise dans mes Paysans de Languedoc, en 1966; je me permets de nuancer cette affirmation puisque, avec toute l'amitié et le respect que je dois à cette dame, dès les Paysans de Languedoc, j'avais bien senti qu'après 1560, après le début des guerres de religion, celles-ci devant durer jusqu'en 1595, "ce n'était plus tellement ça". I1 y avait après 1560 plafonnement ou baisse de la population, et de la production, en fonction des malheurs de la guerre. En tout cas, peu importe cette nuance sur l'historiographie, M. Brockliss est très sensible avec raison au fait que dans I'Etat royal je casse la conjoncture en 1560 ou à partir de 1560. La stagnation part de 1560 (et, incidemment, non pas de 1550, comme elle l'écrit par erreur).

Venons-en à mon Ancien Régime. M. Brockliss m'accuse d'histoire narrative. C'est vrai je plaide coupable. Elle me rend pourtant justice en constatant que j'ai introduit l'économique, le social et le culturel dans le narratif, c'est exact aussi. Je vois mal où est le crime. Une histoire politique (1) peut légitimement quoique pas forcément être narrative, à condition bien sûr d'introduire dans le récitatif de l'événement, les morceaux de bravoure de la structure, à intervalles plus ou moins réguliers, c'est la technique même de cette vieille spécialité historique qu'est l'opéra; à condition aussi d'instiller presque à chaque instant les faits de structure à l'intérieur des événements eux-mêmes. C'est ce que Furet, Agulhon et moi-même avons fait, me semble-t-il, dans les volumes III, IV et V de l'Histoire de France Hachette.

Par ailleurs, M. Brockliss déclare que selon moi, ce qui semble la choquer, le XVIIe siècle serait une période de lente croissance plutôt que de crise. On peut discuter à l'infini sur les formules, mais ce qui est vrai, je crois, c'est qu'il y a bien, en ce XVIIe siècle, relative stagnation agricole; et, par contre, essor d'un assez grand nombre d'activités industrielles ou commerciales, et puis lent mais incontestable développement des villes, du secteur d'État, des colonies, etc. Si l'on en croit M. Brockliss, j'atténue d'autre part les fameuses années de misère qu' a décrites avec talent Marcel Lachiver, de 1690 à 1713 ou à 1715. En réalité, j'admets parfaitement la rude occurrence de ces années terribles dans mon ouvrage, il suffit de se reporter à mes chapitres sur cette période, mais il est vrai qu'en cette même époque, l'industrie textile de Nîmes, les draps du Languedoc, le commerce du Levant, sans parler de Paris, ce qui n'est pas rien, continuent à se développer. M. Brockliss considère pourtant que ces nuances que j'apporte à l'idée de crise de la fin du règne de Louis XIV (une crise que je ne nie nullement et dont je suis même l'un des "inventeurs" scientifiques), M. Brockliss considère, disaisje, que ces nuances vont contre l'esprit de l'histoire des Annales. Or, me semble-t-il, l'esprit des Annales consiste à admettre les découvertes en histoire au fur et à mesure qu'elles se produisent. Un chercheur comme Baehrel a très bien montré, diagnostiqué des faits d'essor au XVIIe siècle, et pourtant Baehrel était bel et bien l'un des historiens les plus braudéliens des Annales. Me dressant un procès sinon depuis les origines, du moins depuis plus d'une vingtaine d'années, M. Brockliss me reproche de m'être distancié de l'histoire économique dès mon ouvrage sur Montaillou. Cette monographie de village, car c'était uniquement de cela qu'il s'agissait, était pourtant bien, me semble-t-il, un livre caractéristique de l'Ecole des Annales. Après tout, la monographie de village, qu'y a-t-il de plus proche, de l'idéal de l'anthropologie historique, tel que le cultivent précisément les Annales.

Abandon du structuralisme, me dit M. Brockliss, et ceci parce que je veux absolument me rapprocher d'une entrée à l'Académie française (sic !). Le moins qu'on puisse dire est que ce rapprochement, en ce qui me concerne. n'est pas évident. Abandon du structuralisme? Outre que je n' ai jamais prétendu avoir été capable de me porter jusqu'aux hauteurs de cette doctrine, que j'ai eu parfois même du mal à comprendre, mon idée de base est toujours restée, je le répète, d'injecter la structure dans l'événement. C'est ce qu'a fait aussi un excellent historien de gauche qui, je suppose, jouit d'une bonne considération chez M. Brockliss, M. Maurice Agulhon, dans le volume 5 de l'Histoire de France Hachette. Effectivement Maurice Agulhon a sans cesse, par une savante broderie, joint la structure à l'événement. Travail de patchwork, si l'on veut bien admettre que le patchwork n'est pas chez Agulhon, ni ajouteraisje modestement chez moi, une discipline nécessairement méprisable. Discipline très british, me permettraije d'ajouter.

M. Brockliss pense que mon livre l'Ancien Régime, serait une riposte à Pierre Goubert et Daniel Roche, Les Français et l'Ancien Régime. Bien entendu, il a tout faux sur ce point, même si voyante extra-lucide, il prétend savoir mieux que moi que j'ai le désir ou la fantaisie d'éreinter ces deux auteurs. En fait, j'ai beaucoup admiré l'Ancien Régime de Pierre Goubert et, même si le complément qu'en a donné Roche n'a pas la brillance de l'édition goubertienne primitive, cela demeure un ouvrage solide et sérieux, au meilleur sens de ces adjectifs chez Roche comme chez Goubert; un ouvrage que j'avais largement utilisé quand j'enseignais par exemple aux USA, à Michigan et à Stanford. Simplement mon objectif à moi était différent. Goubert et Roche, c'étaient d'abord et avant tout, les structures. Moi, c'est le fil chronologique plus les structures. Comme du reste incidemment le Louis XIV et 20 millions de Fran,cais de Goubert, encore lui, livre qui demeure justement l'un de mes modèles. Et puis pensons exactement dans le même esprit. à l'admirable Saint Louis de Jacques Le Goff. La meilleure comparaison serait avec le fil à étendre le linge qu'on trouve reproduit, avec tous ses appendices et attirail, sur les beaux tableaux de Canaletto, à Venise au XVIIIe siècle. Fil chronologique auquel sont accrochés, en effet (comme des serviettes, des sous-vêtements, des nappes..), quantités de pans de "linge" historiographique et multicolore: ces pans correspondent à la présence dans mon texte, en effet, de vastes structures typiques de telle ou telle phase de l'Ancien Régime, ou typiques de l'Ancien Régime en général, accrochées les unes et les autres en effet, au fil chronologique de l'événement.

Il ne s'agissait pas, bien sûr, dans mon esprit, contrairement à ce qu'écrit ma contradictrice, de présenter les rois et leurs ministres sous la meilleure lumière possible. Mais de constater le fonctionnement d'hommes d'État effectivement très "opérationnels" (Richelieu, Mazarin, Louis XIV, etc.). "Performants" sur le plan de la politique extérieure souvent; sur le plan intérieur parfois. L'allusion qui se veut ironique et même péjorative à la Raison d'Etat, celle-ci présentée par M. Brockliss comme étant l'un de mes chevaux de bataille favoris, cette allusion aurait dû en réalité faire ressouvenir, à M. B. de ce que l'une des grandes sources d'inspiration de mon livre fut, en effet, l'admirable ouvrage de William Church, chef-d'œuvre de l'historiographie nord-américaine et qui s'intitule Richelieu et la raison d 'État (Richelieu and the Reason of State). M. Brockliss a l'air de me reprocher une affirmation qui chez moi, en réalité comme du reste chez elle, est une simple constatation: Louis XIV en effet n'était pas Napoléon; il ne cherchait pas à dominer l'Europe. Et s'il a été très vaguement candidat à l'Empire, ce ne fut qu'un songe dont il se débarrassa bien vite, et qui de toute façon n'aurait pas correspondu de sa part, dans cette hypothèse, à une politique de guerre impériale, qui eut été inconcevable en l'occurrence.

Que Louis XIV ne soit pas Napoléon, ni du reste, Hitler ni Staline, c'est évident bien sûr, mais cette idée toute simple me vient aussi (M. B. aurait pu l'indiquer au passage) de la connaissance très approfondie que j'ai de l'œuvre de sa compatriote britannique, Mme Ragnild Hatton. Cette historienne est tellement ignorée en France que je me suis efforcé dans ce livre de la faire largement connaître en mon pays. Il est vrai que pour toutes sortes de raisons,j'appartiens à une espèce en voie de disparition, totalement impopulaire dans mon pays, et plus encore en Angleterre, je veux dire celle des Anglophiles professionnels. Pour en revenir à Louis XIV, disons qu'après tout, ce Roi a eu un comportement très semblable à celui de Frédéric II, en matière de guerre. Mais le Prussien était agnostique, incidemment homosexuel, et de toute façon, «de gauche», en tout cas de la gauche des Lumières. L'historiographie engagée des deux côtés du Channel et aussi outre-Rhin est donc beaucoup plus indulgente pour Frédéric II qu'elle ne l'est pour Louis XIV, et disons que ce rationaliste catholique qu'était le Roi-Soleil aurait sans doute eu meilleure presse s'il avait, par hypothèse, eu le bon esprit de ne pas croire en Dieu et de ne pas s'intéresser aux seules personnes du deuxième sexe. Avec M. Brockliss, du reste, puritanisme décidément, tu n'es jamais très loin de notre cœur. Voilà M. B. qui se met à évoquer, ô horreur, les vies scandaleuses (sic) du Régent et de Louis XV. On croirait un journaliste américain découvrant tout effarouché que le président Clinton ou le Prince Charles n'étaient pas restés fidèles leur vie durant à la monogamie, cette monogamie que les bonnes règles du cant anglo-américain eussent voulu en effet qu'ils pratiquassent tous les deux.

Autre problème, connexe il est vrai: bien que M. B. n'ignore pas entièrement le bilan extrêmement positif de la Régence de Philippe d'Orléans (1715-1723, elle y fait même une ou deux fois allusion), on la sent néanmoins horrifiée au plus intime de son être par les soirées peu vertueuses du partouzard Philippe d'Orléans. Sur Louis XV, autre "Scandaleux" au dire de M. B., je me suis borné à faire état de ce que tout le monde sait aujourd'hui (en tout cas dans le public cultivé), mais qui semble être une révélation un peu effarante pour M. B. à savoir qu'il fut victime de son propre catholicisme sincère, peut-être en effet déplacé, qui lui faisait reconnâître publiquement ses errements sexuels, par l'aveu évident que constituait son refus de communion en tant que pécheur endurci et tristement conscient de l'être. Quant au pacifisme "fénelonien" de Louis XV s'agissant de la non-annexion de la "Belgique", il ressort tout simplement de l'importante biographie que Michel Antoine a consacré à ce roi. Et le fait que Louis XIV ait finalement moins eu à souffrir que Louis XV de l'opinion publique du fait de la naissance aristocratique de ses mâîtresses (celles de Louis XIV), c'est là aussi une évidence, dont par exemple, fait état Pierre Goubert pour lequel M. B., avec raison, du reste, nourrit une affection clairement indiquée. Il est absurde de dire que j'ai taken to task, autrement dit réprimandé le duc de Saint-Simon, pour ses portraits empoisonnés, poisonus penportraits. En fait, j'ai très largement utilisé ce mémorialiste, je crois même être l'un des historiens français qui connâit le mieux l'œuvre saint-simonienne. Et bien sûr je le manie à la fois avec amour et précaution. Puisque Saint-Simon est simultanément véridique et mensonger, selon les moments. En particulier, j'ai réhabilité Dubois, l'anglophile professionnel, défenseur de la paix, je l'ai réhabilité contre les attaques en effet venimeuses et absurdes de Saint-Simon à son endroit. Je ne demande pas à être décoré de ce fait de l'ordre de l'Empire britannique, British Empire; simplement, je voudrais avoir doit à un peu d'objectivité quant à mon attitude vis-à-vis de Saint-Simon, de la part de mon honorable contradictrice. Peut-être sur ce point ai-je fait de l'histoire warts and all, ce reproche m'indiffère, mais en tout cas, dans cette œuvre mienne, il y a largement autant de warts que de all. J'ai constaté en effet que Richelieu, pour revenir par ailleurs à ce personnage, était à la fois, non pas vénal, l'expression est absurde, car le cardinal n'était pas à vendre, mais il était en effet très avide de richesses, et d'autre part extrêmement successful par rapport à ses objectifs politiques. Ce qu'a du reste souligné récemment Kissinger, dans son intéressant ouvrage intitulé Diplomacy. J'ai donc essayé de montrer à cette occasion que la frontière que nous traçons de nos jours entre la carrière politique légitime et l'enrichissement personnel n'était pas la même autrefois, ou qu'elle était plus floue.

Par ailleurs, je n'ai bien entendu jamais laissé entendre que l'Hexagone était une entité préordonnée (preordained), l'archétype platonicien n'est pas mon fort, et d'ailleurs la place très large que je donne au pacifiste Fénelon montre que pour moi l'histoire (qu'on me permette ici d'enfoncer la porte largement ouverte que M. B. avait précautionneusement voulu fermer), que pour moi l'histoire disaisje, a toujours plusieurs options dans son sac, ou comme on dit plusieurs cordes à son arc. Laissons à Hegel, au-delà du Rhin, le soin d'affirmer que tout ce qui est rationnel est réel. Puisje dire à M. B. qu'au cas souhaitable où se formeraient les Etats Unis d'Europe, je serais le premier ravi de voir s'effacer vers l'Est les frontières de l'hexagone, à défaut de celles de la Grande-Bretagne, solidement inscrites et preordained, elles, de par leur géographie insulaire. En ce qui concerne les guerres, il est vrai que je suis, sur certaines d'entre elles, révisionniste: la guerre de Succession d'Espagne a été en effet très coûteuse, mais contrairement à ce qu'affirme M. B., elle n'est pas unsuccessful, l'usage de la double négation nous est secourable, ce qui ne veut pas dire bien sûr que cette guerre fut pleinement succesful à tous les coups, la réalité est assez différente. Disons simplement que nous avons quand même dépassé l'époque déjà lointaine où Bismarck (2) dans ses Gedanken und Erinnerungen, mettait sur le même pied Louis XIV et Napoléon, "dont les guerres ont ruiné leurs nations et se sont conclues avec peu de succès", "deren Kriege die Nation ruinierten und mit wenig erfolg abchlossen". Comment comparer en effet avec tout le respect que nous devons à Bismarck, les déculottées de Napoléon en 1814 et 1815, reconduit à coups de pied au derrière par les Alliés jusqu'à la retraite, du reste indulgente de Sainte-Hélène; et d'autre part en fin de compte le relatif pas trop unhappy end. tant s'en faut, du traité très louis-quatorzien d'Utrecht en 1713, un traité qui, incidemment, a garanti une certaine paix européenne, pax europeana, elle aussi très relative, certes, jusqu'en 1792. J'ai simplement écrit, contre l'avis ultérieur certes de Mme B., que Louis XIV n'avait pas perdu la guerre de Succession d'Espagne et que dans la mesure où il ne l'avait pas perdue, il l'avait, d'une certaine façon, gagnée (c'est ma réponse à l'adjectif "unsuccesful" de M. B.) compte tenu du bilan territorial et diplomatique du traité qui termina cette guerre. Il est vrai que je me heurte ici à une formidable muraille de préjugés.

M. B. m'accuse d'être une sorte de dinosaure tocquevillien. Le compliment, même immérité en fait, ne serait pas tellement pour me déplaire. Lui diraisje en lui rendant la politesse qu'elle est, elle, une sorte de sympathique survivance bismarckienne ... ou marxiste. Il me semble que l'historiographie a fait quelques progrès, qu'elle s'est même affinée depuis que furent publiés voici cent ans, un peu plus ou un peu moins, les Gedanken de l'ex-chancelier de fer ou le Capital de Karl Marx. Je n'ai bien sûr nulle part écrit que le traité d'Utrecht secured the western frontière de la France (M. B. devrait se relire). Et quant à l'installation des Bourbons d'Espagne sur un trône ibérique, installation tout à fait assurée depuis la fin de la susdite guerre en 1713, pourquoi ne pas admettre en effet, que le bilan, tant d'un point de vue français (le pacte de famille), que sous un angle plus universel (les règnes réformateurs de Charles III... et de Juan Carlos) que ce bilan des Bourbons d'Espagne disaisje, sera en effet fort substantiel, vers 1760 comme vers 1980. Mais précisément M. B. qui m'accuse de distribuer des bons points semble surtout préoccupée, elle, de répandre un peu partout, des mauvais points à l'intention des hommes d'État dont il est question dans mon livre. Nous pourrions, tous deux faire nôtres les propos de Marc Bloch qui, quant à moi correspondent pleinement à mon intime conviction à savoir que, à l'exemple des chimistes qui sont, eux, parfaitement objectifs, nous ne devrions pas considérer que l'oxygène (Jean-Jacques Rousseau, par exemple) est bon, et que le gaz carbonique (disons Louis XIV) est mauvais. Mais que notre rôle consiste, avant tout, à comprendre et à faire comprendre, et non point à juger perpétuellement, au nom de critères moralisateurs à partir desquels on décide une fois pour toutes que Mazarin, Richelieu, Louis XIV sont des personnages négatifs ou ultra-négatifs comme semble le penser M. B. En fait il sont en fin de compte, au delà du jugement de valeur, mais leur oeuvre personnelle (ou collective) est suffisamment importante pour mériter d'être considérée dans le détail, ce que j'ai accompli en effet.

Mais voici un autre de mes crimes. Chacun peut constater que mon livre d'un bout à l'autre et en particulier pour le XVIIIe siècle, ruisselle littéralement d'anglophilie, d'admiration permanente pour le régime anglais, pour le libéralisme britannique et justement aux époques respectives (françaises) d'Henri IV, de Dubois, de Fleury, de Choiseul. Le culte que je voue à l'objectivité, m'a seul empêché de me livrer à des débordements d'admiration anglophiliaque trop prononcés. Mais voilà, horresco referens, j'ai oublié de mentionner le nom de l'amiral Rodney, pour lequel néanmoins, j'éprouve, doisje dire, la plus vive admiration, en dépit du fait que ce marin, effectivement génial, était parâît-il, vain, selfish (égoïste) et unscrupulous.

Alors le sang patriotique de M. Brockliss n'a fait qu'un tour. Oubliez Rodney, on n'a pas idée! En vain, écriraije pour ma défense, que j'ai porté aux nues, page 517, les amiraux britanniques eux aussi, A. d'Albemarle, et Samuel Cornish. Je reconnais que je suis inexcusable, d'avoir laissé Rodney dans l'ombre. Dorénavant la pensée de Rodney, vainqueur coast to coast ne me quittera plus. Cela posé, j'ai souligné en effet que la rétention des îles à sucre fut l'un des moteurs, déshonorant certes, de la prospérité française des Lumières, celle-ci survivant de ce fait et pour toutes sortes d'autres raisons au naufrage de l'annus horribilis pour la France et de l'annus mirabilis pour l'Angleterre que fut 1763. J'ai souligné aussi avec force à la fin de mon livre, que 1763 marque le début d'un déclin plus que biséculaire de la France, du moins du point de vue de la puissance. Déclin poursuivi jusqu'à nos jours. I1 n'est donc pas raisonnable de m'accuser d'avoir peint en rose les conséquences de la fatale année 1763. Le tableau que j'ai tracé à ce propos reste, me semble-t-il, judicieusement équilibré pour le plus et pour le moins en dépit de cet amour immodéré pour le sucre de Saint-Domingue dont M. Brockliss semble me faire un grief.

Au delà de ces piques, sans doute inévitables, dans cet univers de libre critique mutuelle qu'est heureusement pour nous tous l'historiographie english speaking, j'ai droit et j'en suis très heureux à quelques mots aimables de M.B. quant à ma périodisation politique de l'histoire de la monarchie française. Périodes d'ouverture: Anne de Beaujeu, Henri III, la Régence de Philippe d'Orléans, Choiseul, phase au cours desquelles la France s'approche quelque peu, de très loin, et sans jamais égaler celles-ci, du "paradis" des libertés anglaises. Périodes de rigueur: Louis XI, Louis XIV, le comte Pierre d'Argenson, Maupeou, périodes caractérisées par le trinôme autorité-fiscalité-voire intolérance. Mes sympathies de citoyen vont bien sûr davantage aux phases d'ouverture plus ou moins «à l'anglaise». Mais il est déraisonnable de m'accuser, en sens inverse, d'être toujours fair aux warmongers, point de vue absurde que me prête gratuitement M. B.; et cependant il est vrai quand même que je ne m'inscris pas nécessairement en faux contre les phases plus dures dites de "fermeture", et cela non pas pour des raisons de cœur ou de tête, mais tout simplement parce que la réalité est plurielle, donc à sa manière, réalité digne d'attention en toutes ses hypostases, celles du pour celles du contre. J'estime, avec Marc Bloch je le répète, que l'histoire doit formuler des jugements de réalité et non de valeur. L'historien n'a donc pas à choisir en fonction de ses préférences mais simplement à constater, à comprendre. à faire comprendre. D'autre part, bien que j'apprécie beaucoup en tant qu'anglophile quasiment professionnel et inconditionnel, les efforts momentanément couronnés de succès d'Henri IV, de Mazarin, puis de Dubois et Fleury pour développer l'alliance française avec l'Angleterre et la Hollande, ces pays exemplaires et qui furent de plus en plus ouverts aux tendances protestantes, libérales, maritimes et capitalistes lors des XVIIe et XVIIIe siècles, je ne veux pas être dupe par ailleurs de ma propre position appréciative à ce propos. Je suis pour, en tant que citoyen. Mais je suis neutre en tant qu'historien. M. B., d'autre part, me prête à tort l'idée selon laquelle la France et l'Angleterre étaient dès 1717 des ennemis congénitaux. J'estime tout simplement, comme je l'écris page 317 (de l'édition de Paris), que le frêle cordon des positions françaises en Amérique (Québec, grands lacs, Mississippi, Louisiane) cordon basé sur une population francophone elle-mème peu nombreuse et clairsemée, inférieure à 100 000 personnes, tace à plusieurs millions d'anglophones nord-américains faisant bloc, ce frêle cordon ne pouvait tenir bien longtemps. C'est là, me semble-t-il, la cause presque insurmontable du conflit de la guerre de Sept Ans, cette cause par contre n'ayant rien à voir avec je ne sais quelle fatalité d'inimitiés congénitales qui seraient inscrites par avance dans les astres. En cette affaire, ce fut me semble-t-il la démographie américano-anglaise qui commandait à l'histoire.

Incidemment, M. B. signale que dans ma jeunesse j'ai été membre du Part communiste français (je l'ai quitté en 1956, il y a plus de quarante ans). Qu'est-ce que cela peut bien avoir à faire avec les années 1600-1789, objet de mon livre. M. B. a peut-être (?), au cours de sa verte jeunesse. adhéré à l'Armée du Salut ou à la branche féminine de la Young women Christian association (je lance ces sigles au hasard bien sûr). Et alors ? De grâce en matière de science historique, parlons de ce dont il est question dans un livre, et non pas de ce qui n'a rien à voir; ou bien alors, M.B. qui me reproche de m'attarder aux biographie "historisantes" de Richelieu ou de Louis XIV considérerait-elle que ma propre biographie à moi, parfaitement insignifiante en l'occurrence, aurait davantage d'importance vis-à-vis du sujet traité que celles de ces hommes de tout premier plan ? Ce ne serait pas sérieux.

En ce qui concerne la conclusion de mon livre, relative aux quatorze années environ qui précèdent la Révolution, M. B. considère que dans mon exposé, ô horreur, there is no hint of the marxist interpretation of the french Revolution. Cette interprétation marxiste, certes bien connue, a surtout à voir, me semble-t-il, avec le concept de la classique montée de la bourgeoisie. Or je n'ai nullement nié cette montée bourgeoise, je l'ai simplement replacée, à l'instar de Chaussinand-Nogaret, dans le cadre plus général du développement des élites. Bourgeoisie progressiste, certes; mais aussi noblesse libérale, et clergé ouvert des abbés des Lumières sont tous trois parmi les grands responsables du déclenchement de la Révolution française. Si c'est être tocquevillien que de dire cela, ce dont je ne suis pas sûr, je veux bien passer pour tel. Après tout, n'est pas tocquevillien qui veut et je ne me sens guère digne de cet adjectif. Mais le seraisje, qu'il serait assez vain de me faire le reproche de m'être raccroché à un ouvrage de Tocqueville paru au milieu du XIXe siècle, alors que M. B., elle, se raccroche fermement au marxisme, dont le parangon est un pamphlet plein de talent paru en 1848, le Manifeste communiste, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Il me semble plutôt que dans cette affaire le paradigme marxiste sur la montée de la bourgeoisie n'est pas détruit par mes soins, comment pourrait-il l'être ? Ce paradigme est pour l'essentiel enveloppé dans le paradigme plus large concernant les élites bourgeoises et nobles. tel que l'ont développé Chaussinand-Nogaret et Bergeron, quitte à ce que au cours des quelques mois qui précèdent la Révolution, la scène du théâtre tourne et que la bourgeoisie, en effet, le tiers-état en tout cas, comme je l'ai écrit, se retrouvent tout à fait militants dans leur hostilité newlook à la noblesse.

De toute façon, si ces vues-là sont top down, comme me le dit de façon acide M. B., alors la conception marxiste, elle aussi, est top down, puisqu'elle part (au moins dans ses versions classiques) de l'hégémonie bourgeoise inévitable, c'est-à-dire des initiatives d'une classe dominante (top) en pleine ascension (top again). En réalité, il me semble qu'on devrait se débarrasser une fois pour toutes de ces préjugés concernant le top down et les grass roots, préjugés qui ne font qu'obscurcir nos débats. J'ai fait de l'histoire grass roots avec les Paysans de Languedoc, et Montaillou, un livre qui apparemment suscite déjà, je n'ai décidément pas de chance, la méfiance de ma contradictrice. Mais, j'ai fait aussi du grass roots, M.B. l'oublie un peu, tout récemment en 1994, avec les Platter, pauvres gens de Suisse qui se sont élevés depuis le plus bas de l'échelle sociale au XVIe siècle, j'ai donc fait tout dernièrement encore de l'histoire grass roots. Et pourtant dans certains cas aussi, il faut bien considérer le top. Car, comme l'a fort bien dit Marcel Proust, il peut arriver, dans certaines conjonctures que les membres du Jockey-Club soient aussi intéressants à étudier que ceux de la Confédérationgénérale du travail.

En ce qui concerne les travaux de mon maître Labrousse, sa thèse de Sorbonne-Droit sur l'histoire des prix au XVIIIe siècle, reste pleinement valable. Mais plus personne, me semble-t-il, n'admet les affirmations de la seconde thèse (Sorbonne-Lettres) de Labrousse, celle concernant "l'intercycle de crise économique de quinze ans" (1774-1789) précédant la Révolution française, sauf bien sûr s'agissant de la crise spécifique de la viticulture, mais des crises viticoles, il y en eu et il y en aura toujours, puisque comme chacun sait la viticulture est un jeu de hasard, dépendant de l'incroyable caprice des récoltes de vin en quantité et en qualité. La Révolution est fille non pas d'une longue récession "labroussienne", mais d'une courte crise économique, celle-ci étant liée en particulier à la mauvaise récolte de blé de 1788. Cela dit la Révolution est avant tout fille d'une croissance longue, celle du XVIIIe siècle. Une croissancequi, à partir de 1715 a exacerbé comme chacun sait, divers antagonismes jusqu'à l'effondrement final du système en 1789.

Pour en revenir à une autre partie de l'argumentation de M.B., la France n'est sans doute pas une autre Angleterre, absolument pas, une autre Angleterre qui serait entrepreneuriale, dynamique et enlightened. Mais enfin la France de cette époque, est bel et bien dans un cadre certes corporatiste, je n'en disconviens pas, c'est bel et bien une société en pleine expansion, économique, démographique, culturelle, et si l'on peut nuancer les chiffres de François Crouzet quant à la croissance, il n'y a pas de raison se jeter par-dessus bord les données positives à ce propos qu'il a reproduites sous forme rectifiée dans son livre intitulé la Supériorité de l 'Angleterre sur la France. Et c'est bien la Révolution qui sur le tard cassera cet essor cher à F. Crouzet. Ce qui ne veut pas dire, certes, que la Révolution était une mauvaise chose, bien au contraire. Même si Lévy-Leboyer a qualifié cette Révolution française de "catastrophe nationale" (au point de vue strictement économique s'entend). Simplement, comme pour toute grande révolution en France ou hors de France, il y a eu un prix à payer, un prix très lourd. En réalité mon maître dans toute cette affaire n'a pas été Tocqueville mais plutôt Guglielmo Ferrero décrivant dans son livre Pouvoir le passage (dans la longue durée) d'une légitimité héréditaire à une légitimité représentative et démocratique ultérieurement; le tout avec carence ou vacance de légitimité lors de l'entre-deux révolutionnaire, pendant une assez longue période d'illégitimité de cet "entre-deux" souvent violente tout au long de l'intervalle chronologique qui sépare la disparition de l'ancienne légitimité d'Ancien Régime, de l'instauration de la Nouvelle légitimité (d'avenir démocratique). D'où danger provisoire de régimes dictatoriaux autoritaires à la Robespierre, à la Bonaparte, dans cet entre-deux en question (1790-1815, et même au delà), Robespierre et Bonaparte étant bien sûr très différents l'un de l'autre, je ne fais pas d'amalgame sommaire. Façon de dire que mon livre n'est pas comme le suggère M. B. un éloge bêtifiant du conformisme monarchique de l'Ancien Régime. Il illustre au contraire la succession des deux légitimités. celle, héréditaire, de Louis XIV, notamment, qui en valait bien une autre, mais qui devait irrémédiablement s'effilocher sous Louis XV, puis s'effacer sous Louis XVI devant l'autre légitimité, la suivante, celle du monde moderne, représentatif et démocratique à laquelle, bien sûr, je m'identifie pleinement, non pas en tant qu'historien, étant objectif ou objectiviste avant tout, mais en tant que citoyen. Simplement cette seconde légitimité (démocratique) ne prendra pleinement corps qu'au XIXe siècle, notamment à partir des années 1880, avec la IIIe République. Dans l'entre-deux et surtout lors de la première décennie proprement révolutionnaire (1789-1799), et même après, on a eu affaire à des personnalités comme Robespierre, Saint-Just, et quelques autres qui furent sans doute d'admirables fossoyeurs de l'ancienne légitimité, mais qui n'étaient pas encore en mesure d'incarner pleinement la nouvelle légitimité représentative et plus tard démocratique; ils se devaient donc d'utiliser, ou du moins ils se croyaient fondés à utiliser l'arme de la Terreur, avec tous les inconvénients du genre, et avec l'absence évidente de solide légitimité, absence qui découlait inévitablement, sur le moment, de la situation objective, et de leur comportement terroriste. C'est une façon de dire que la Révolution française était en effet inévitable, en cela je ne m'inscris nullement, comme M. B. tend à le suggérer, parmi les défenseurs passéistes de l'Ancien Régime. Révolution inévitable, donc, mais sur le moment, catastrophique, à force de destructions, elles-mêmes inévitables elles aussi. A force de paralysie économique du fait des troubles, des guerres, etc. A force de paralysie d'une économie française jusqu'alors dynamique. Révolution inévitable, catastrophique sur le moment, mais aussi extrêmement féconde dans le très long terme de la modernité démocratique contre laquelle je n'ai aucunement tendance à m'élever, encore moins à polémiquer sur le mode réactionnaire.

Voilà qui devrait exorciser, qui plus est, ce fantôme de flirt éternel avec le monde académique, académique au sens français du terme, fantôme d'Académie française auquel M. B., à plusieurs reprises, a cru devoir m'identifier, aux fins de me présenter comme un fieffé réactionnaire. Que je sache, aucun bicorne académique ne se profile pour moi à l'horizon, mais bien entendu, si la chose devait se produire, je ne manquerai pas d'en faire part à M. B. et de la nommer manager de ma campagne électorale auprès des Quarante Immortels. Si toutefois, elle en tombe d'accord, bien entendu.

Emmanuel LE ROY LADURIE.

March 1997

1. M. B. sera intéressée d'apprendre en effet que les cinq volumes d'Histoire de France Hachette, dus à Duby, moi-même, Furet et Agulhon devaient au départ s'intituler collectivement Histoire politique de la Nation française, appellation à laquelle tenait beaucoup F. Furet, féru comme on sait d'histoire politique. Mais l'éditeur en a décidé autrement, par la suite.

2. J'ai utilisé l'édition Goldmann à Munich, s.d., parue vers 1970, p. 591.

 

Laurence Brockliss regards my État Royal as an innovative and provocative account of the history of France from the accession of Louis XI to the assassination of Henry IV. This book, he says, was notable for introducing the concept of the ‘long seventeenth century’. He thinks that the idea of sustained demographic and economic growth from the sixteenth century, after which follows a stagnation in the seventeenth century and an upturn in the eighteenth century, comes from the seminal work of Braudel, La Méditerranée (1949). He also believes that this is the same argument which I helped consolidate in my Paysans de Languedoc (1966). Permit me to modify slightly this assertion since, with all due respect, at the time of Paysans de Languedoc, I felt that from 1560, after the beginning of the religious wars (which lasted until 1595), there was no longer such a take off. Rather, there was a plateau or a decline in population and production after 1560, due to the ravages of war. In any case, this nuance of historiography is of little importance since Brockliss rightly suggests that, in my État Royal, I mark the turning point in the year 1560, or beginning in 1560. The stagnation starts from 1560 (and incidentally not from 1550 as he incorrectly writes).

Now let’s turn to my Ancien Régime. Dr Brockliss accuses me of ‘narrative history’. To this crime, I plead guilty. He does me justice, however, by stating that I introduce economic, social and cultural history into my narrative. That is also true. So what’s the problem? A political history can also legitimately (although not necessarily) be historical narrative. Historical narrative is like an opera, where momentous events and acts of bravery are injected at more or less regular intervals, on the condition that these scenes of great moment include the larger structural facts of the narrative itself. It’s no more than what Furet, Agulhon and I have done in the third, fourth and fifth volumes of l’Histoire de France Hachette.

Moreover (and this seems to shock him), Dr Brockliss argues that, according to me, the seventeenth century was a period of slow growth rather than one of crisis. Naturally, one could argue ad infinitum about the appropriate wording; but what is correct, I believe, is that there was relative agricultural stagnation in the seventeenth century. By contrast, there was a substantial growth in commercial or industrial activities, and then a slow but incontestable development of cities, of the state sector, of colonies, etc. If one were to believe Dr Brockliss, I downplayed the famous années de misère from 1690 to 1713 or 1715, which have been written about with skill by Marcel Lachiver. In reality, I acknowledge the sudden intrusion of these horrible events in my work - consult the relevant chapters for this period - but it is also true that in this same era, the Nimes textile industry, Languedoc drapery, Levant trade, without even mentioning what was happening in Paris (itself not an insignificant area), all continued to develop. Dr Brockliss considers, however, that these nuances which I affix to the idea of crisis at the end of the reign of Louis XIV (a crisis which I do not deny and of which I am one of the original proponents), runs counter to the spirit of the Annales school. It seems to me that the spirit of the Annales consists in internalizing the gradual discoveries of the historical community as they occur. Researchers such as Baehrel have recognized the facts of the rebirth of the seventeenth century, even though Baehrel was truly one of the most ‘Braudelian’ historians of the Annales school. Having been accused of the opposite for the last twenty years, Brockliss reproaches me for distancing myself from economic history since my work on Montaillou. This monograph of a village was a book characteristic of the Annales school. After all, what can be closer to the ideal of anthropological history, as nurtured by Annales, but a history of a village?

You have abandoned structuralism, says Laurence Brockliss. And done so because I wish to ingratiate myself with l’Académie française (sic!). The least one can say of this attempt to ingratiate myself, is that it is not terribly obvious. Abandon structuralism? I have never pretended to have had been capable of carrying myself to the high level of this doctrine, and I have even had occasional problems understanding it. My fundamental motto has always remained, I repeat, to inject structure into events, in a manner practised by an excellent historian of the left, Agulhon, in the five volume l’Histoire de France Hachette. Indeed Agulhon has always, by a clever embroidery, joined structures to events. An art of patchwork, if one is happy to admit that patchwork is not for Agulhon nor, if I may modestly add, for me, a necessarily despicable trade. It is, in fact, a very British craft, if I may say so.

Brockliss thinks that my book, Ancien Régime, was a riposte to Goubert and Roche’s Les Français et l’Ancien Régime. Of course, he is completely wrong on this point, even if through his apparent clairvoyance he pretends to know some hidden desire on my part to undermine these authors. In fact, I admire greatly L’Ancien Régime of Pierre Goubert and, even if the material which Roche has added has not the brilliance of the original Goubert edition, the combined product remains a solid and serious work. It was a book which I used extensively when I taught at Michigan and Stanford. My objective was entirely different. Goubert and Roche were, first and foremost, the ‘structures’; I am the ‘chronological thread’ as well as the ‘structures’, like Goubert’s Louis XIV et 20 millions de Français, which remains, as it happens, one of my models. Similarly, one could look at the admirable Saint Louis by Jacques Le Goff. The best comparison, perhaps, would be to a washing line which is reproduced, with all its apparel, in the beautiful eighteenth century paintings of Venice by Canaletto. On this chronological line are hung (like undergarments, table cloths and towels) items of multicolored and historiographical washing. These pieces of washing correspond to the presence, in my text, of vast structures of certain phases of the Ancien Régime, or indeed correspond to the Ancien Régime in general.

It was not, of course, in my mind, contrary to that asserted by my detractor, to show kings and their ministers ‘in the best possible light’; but, rather, to affirm that the actions of officials were very opérationnels, engaging often in foreign affairs and occasionally on domestic schemes. The allusion to Raison d’État, which was meant to be ironic and even pejorative, and presented by Brockliss as being one of my favorite hobby-horses, ought to have easily reminded him of what was one of the great sources of inspiration for my book - the wonderful work of William Church, champion of North American historiography, who entitled his book Richelieu et la raison d’État (Richelieu and the Reason of the State). Dr Brockliss seems to upbraid me for making a value judgment in my own work, a value judgment which is, like in his own work, simply a neutral observation. That Louis XIV was certainly not Napoleon, and that he did not seek to dominate Europe, is evident enough. And if he dreamed of creating an Empire, it was a dream of which he ridded himself quickly, and which, at any rate, would have not corresponded to a policy of imperial conflict, which would have been inconceivable under the circumstances.

That Louis XIV was not Napoleon (nor Hitler, nor Stalin) is evident of course, but this simple idea came to me also (Dr Brockliss could have indicated it) from the very extensive knowledge that I have of the work of his British compatriot, Ragnild Hatton. This historian is so unknown in France that I have strained in this book to make her known in my own country. It is correct that, for all sorts of reasons, I belong to an endangered species, completely unpopular in my country, and most of all in England - that of the professional Anglophile. Returning to Louis XIV, this King had a very similar attitude in matters of war to that of Frederic II. But the Prussian was agnostic, incidentally also homosexual, and in all ways a ‘lefty’ (in any case to the left of the Lumières). The historiography engaged on both sides of the Channel and on the other side of the Rhine is more sympathetic to Frederic II than to Louis XIV, and we could say that the Catholic rationalism of the Sun King would have been more popular amongst chroniclers if he had had the good sense not to believe in God and not be interested in the opposite sex. Puritanism is never far from the heart of Dr Brockliss. See how he recoils in horror at the scandalous lives of the Regent and of Louis XV. It calls to mind the reaction of an American tabloid journalist who becomes shocked at the revelation that President Clinton and Prince Charles had not devoted themselves to monogamy.

Although Brockliss does not ignore entirely my positive evaluation of the Regency of Philippe d’Orléans (1715-1723) - he even makes one or two allusions - one senses, nevertheless, a deep horror on his part at Philippe’s orgiastic behaviour. Concerning the ‘scandalous’ Louis XV, I restrict myself to mentioning what everyone already knows (or at least the cultivated public), but which seems to be an utter revelation to the shocked Brockliss: that Louis XV was a victim of his own peculiar, perhaps even misplaced, but sincere brand of Catholicism which made him acknowledge publicly his sexual follies by the obvious confession which constituted his refusal to take communion as a hardened and repentant sinner. Concerning the ‘Felonien’ pacifism of Louis XV, pertaining to the non-annexation of Belgium, this notion arose from the important biography that Michel Antoine wrote about this king. And finally the fact that Louis XIV had less to suffer from public opinion than Louis XV (due to the aristocratic lineage of the former’s mistresses) was drawn from a statement by Pierre Goubert, for whom Brockliss, with reason, nourishes an undisguised affection. It is absurd to suggest that I had ‘taken to task’, or otherwise rebuked, Saint-Simon for his ‘poisonous pen-portraits’. In fact, I have used this memorialist extensively. I even believe I am one of the French historians who knows Saint-Simon the best. Of course I handle him with care and affection, since Saint-Simon is simultaneously truthful and mendacious, depending on his moments. I have privately rehabilitated Dubois, the professional anglophile and defender of the peace, against the venomous and absurd attacks of Saint-Simon. I do not ask to be decorated with an O.B.E. for this noble enterprise, I would simply like to have been treated with a whit of objectivity by my honorable detractor concerning my attitude vis-à-vis Saint-Simon. As for the suggestion that I have written history ‘warts and all’, this reproach does not bother me. In any case, in my book there is as much ‘warts’ as ‘all’. I did not state that Richelieu, to return to this person, was mercenary (the expression is absurd), because the cardinal was not for sale. He was very greedy for wealth and, on the other hand, very successful with respect to his political objectives. But I have tried to show that the distinction which we draw nowadays between a legitimate political career and personal enrichment was not always so easily recognised: it was then more blurred. This idea has been underlined recently by Kissinger in his interesting work entitled Diplomacy.

I have never led others to believe that France was a preordained entity. The Platonic archetype is not my forté, and besides, the very large space which I have accorded to pacifist Fenelon shows that for me (if one permits me to push open the door which Brockliss had wished to close) history always has several tricks up its sleeve, or as the French say, ‘many strings in its bow’. Let’s leave to Hegel the responsibility to affirm that all that is rational is real. May I say to Brockliss that, in the desirable event of the formation of a United States of Europe, I would be the happiest person to see the fading of the eastern frontiers of France (because it is not possible to break down the preordained frontiers of Great Britain, due to its geographical insularity). It is true that I am a revisionist with regard to certain wars. The War of the Spanish Succession, though costly, was, as suggested by Brockliss, not ‘unsuccessful’ - the use of the double negative is helpful - since the war was successful in some of its aspects, and not in others. Let’s simply say that we have moved beyond when Bismarck, in his Gedanken under Erinnerungen, put Louis XIV on the same level as Napoleon ‘whose wars had ruined their nations and concluded with little success’. With all due respect to Bismark, how can we compare the humiliations of Napoleon in 1814 and 1815, kicked in his bottom by the Allies into his cozy retreat on St. Hélène, and the relatively not too unhappy end of the very Louis XIVish Treaty of Utrecht in 1713, a treaty which, incidentally, guaranteed a certain wobbly pax europeana until 1792. I simply write, against the reply of Brockliss, that Louis XIV had not lost the War of the Spanish Succession, and to the extent that he had not lost it, it was, in a certain way, won (this is my response to the adjective ‘unsuccessful’) considering the territorial and diplomatic result of the treaty which ended the war. It is correct that on this point I may be banging my head against a huge wall of prejudice.

Brockliss accuses me of being some sort of Tocquevillian dinosaur. The comment, unmerited as it is, would not be such to displease me. Let me return the compliment by saying that he is a sort of amicable Bismarkian or marxist survivor. It seems to me that historiography has made some progress, that it has refined itself, since Gedanken of the ex-chancellor and Kapital of Marx were published a hundred years ago. Of course, I have never written anywhere that the Treaty of Utrecht ‘secured the western’ frontier of France (Brockliss should take care to proof read his reviews). And as for the installation of the Bourbons of Spain on the Iberian throne, this installation was fully secured from the end of the above mentioned war in 1713. Why not admit that from the French point of view, and even from a broader viewpoint, the achievements of the Bourbons of Spain were in effect as substantial in the 1760s as those in the 1980s. Brockliss, who accuses me like a benevolent school teacher of always distributing good marks, seems himself intent on marking down all of the officials whom I mention in my book. We could, both of us, follow the dictum of Marc Bloch, who stated that historians should not act like chemists, ascribing goodness to some elements, like Oxygen (J-J Rousseau) and badness to other elements, like carbonic gas (let’s say, Louis XIV). Our role should consist, above all, in comprehending, and making comprehensible. We should not perpetually judge, as Brockliss seems to think we should, in a manner whereby we ascribe once and for all that Mazarin, Richelieu, Louis XIV were negative or ultra-negative people. In fact, they are, in the final analysis, beyond value judgments, but their personal (or collective) deeds are sufficiently important to merit detailed consideration, which is what I have accomplished.

But here is another one of my crimes. Each person must state that my book, from beginning to end, and in particular for the eighteenth century, literally drips with anglophilism or permanent admiration for the English regime, for British liberalism, and for the eras of Henry IV, Dubois, Fleury, and Choiseul. The vow that I have given to objectivity has alone restrained me from showing an even more pronounced flood of anglophile admiration. But voila, horresco referens, I have forgotten to mention the name of Admiral Rodney, for whom nevertheless, I have the greatest admiration, despite the fact that this ‘sailor’, effectively kind, was also vain, selfish and unscrupulous.

In any case, the patriotic ire of Brockliss clearly has been raised. Forget Rodney?! Perish the thought! I would, no doubt in vain, write in my defense that I have also ‘extolled to the skies’ other British Admirals - namely d’Albermarle and Samuel Cornish (p.517). I acknowledge that it is inexcusable for me to have left poor Rodney in the shade. Henceforth thoughts of Rodney, victor from coast to coast, will never ever leave me. This being granted, I have underlined that the retention of the ‘sugar (producing) islands’ was one of the motors, however dishonorable, of the French prosperity of the Enlightenment, which survived the wreckage of the French annus horribilis and English annus mirabilis of 1763. I have also strongly emphasized (at the end of my book) that 1763 marked the beginning of a two hundred year decline of French influence - a decline which continues to this day. It is not, therefore, reasonable to accuse me of having painted a rosy-picture of the consequences of the fatal year 1763. The picture which I have painted of this problem seems to me, judiciously balanced, in spite of the allegedly immoderate love for the sugar of Santa Domingo, which Brockliss holds against me.

Moving beyond these attacks, without doubt inevitable in this universe of free and mutual criticism that is happily for us English historiography, I am very pleased to receive a few friendly words from Brockliss concerning the political periodisation of the French monarchy. Periods of ‘openness’ - Anne of Beaujeu, Henry III, the Orleans Regency, Choiseul, a period over the course of which France inched closer to, though remaining far away from, the ‘paradise’ of English liberties. Periods of ‘closure’ - Louis XI, Louis XIV, D’Argenson, Maupeou - a period characterized by the trinomial authority-fiscalism- (near) intolerance. My sympathies as a citizen are directed more towards the ‘open’ or ‘English’ phases. So it is unreasonable to accuse me of being always ‘fair to the warmongers’, an absurd point that Brockliss gratuitously ascribes to me. However, it is true that I have not always systematically denounced the harshest periods of closure, and this is not for reasons of either the heart or the head, but simply because the reality is multifaceted. Reality is worth attention in all its aspects, those for and those against. I consider, with Mark Bloch, that history must formulate judgments of reality and not of relative value. The historian should not chose favorites, but rather comprehend, and make comprehensible to others. On the other hand, although I appreciate very much as a quasi and unconditional anglophile the momentary celebrated efforts of the success of Henry IV, Mazarin, Dubois and Fleury, in developing an alliance with England and Holland, countries which were more and more open to Protestant, liberal, maritime and capitalist trends during the seventeenth and eighteenth centuries, I do not wish to be tricked by my own personal position concerning these events. I am for them as a citizen; But I am neutral towards them as an historian. Brockliss, moreover, wrongly attributes to me the idea that France and England were from 1717 congenital enemies. I consider simply, as I wrote on p.317 (édition de Paris) that the weak ribbon of French outposts in America (Québec, the Great Lakes, Mississippi and Louisiana) consisted of a francophone population numbering fewer than 100,000 people, faced with a block of several million anglophone North Americans. Clearly, this frail ribbon of scattered outposts could not remain for much longer. Therein lies the almost inevitable cause of the Seven Years’ War, which had nothing to do with god knows what may have been written in the stars. In this matter, it seems to me that Anglo-American demographics determined the course of history.

Incidentally, Brockliss points out that I was a member of the Communist Party in my youth (I left in 1956, some forty years ago). What does this trivial fact have to do with the years 1600-1789, the subject of my book? Perhaps in his tender years, Brockliss was a member of the Salvation Army or the YMCA. So what? For god’s sake, in matters of historical importance can we discuss the topics included in the book and not those that have nothing to do with it? Brockliss criticizes me for lingering on ‘historicizing’ biographies of Richelieu or of Louis XIV, yet is he himself privileging my own biography, although perfectly insignificant, at the expense of those of the main historical actors under consideration? He cannot be serious.

Concerning the conclusion of my book, and in particular the 14 years which preceded the Revolution, Brockliss considers that in my account, ô horreur, ‘there is no hint of the marxist interpretation of the French Revolution’. The marxist paradigm, certainly well known, must be seen along with the traditional rise of the bourgeoisie. I have never negated the rise of the bourgeoisie; I have simply placed it, in imitation of Chaussinand-Nogaret, in the more general framework of the development of elites. There was certainly a progressive bourgeoisie, but there was also a liberal nobility, and an opening up of the clergy with new priests of the Enlightenment. All three were amongst those groups responsible for the unleashing of the French Revolution. If it is Tocquevillian to say that, and I am not sure it is, I don’t mind being called such. After all, not everyone can be Tocquevillian, though I scarcely deserve this appellation. But even if I were, it would be quite useless to criticize me for clinging to the work of Tocqueville published in the middle of the nineteenth century as Brockliss himself clings firmly to Marxism, of which the paragon is a brilliant pamphlet published in 1848, the Communist Manifesto, about which we could say a great deal. The Marxist paradigm of the ascendancy of the bourgeoisie is not destroyed by me. How could it be? This ascendancy of the bourgeoisie is essentially contained within a larger paradigm of aristocratic and bourgeois elites, as outlined by Chaussinand-Nogaret and Bergeron, even if over the course of the several months which preceded the Revolution, the picture changed and the bourgeoisie (the third estate) found itself suddenly militant in its ‘newlook’ hostility to the nobility.

At any rate, if these views are ‘top down’, as stated acidly by Brockliss, then the marxist approach is also ‘top down’, since it takes as its starting point (at least in its pure form) the inevitability of bourgeois hegemony, that is to say the initiatives of a dominant class (top) in the full ascendancy (top again). In reality, it seems to me that we should dispel, for once and for all, the clichés of ‘top down’ and ‘grass roots’ history. I wrote ‘grass roots’ history in my Paysans de Longuedoc and Mantaillou, a book which apparently, to my misfortune, raises the distrust of my detractor. I have also written ‘grass roots’ history, Brockliss readily forgets, as recently as 1994, with Platter, the poor people of Switzerland who raised themselves from the lowest social order in the sixteenth century. However, sometimes it is also necessary to consider a ‘top down’ approach. Because, to paraphrase Marcel Proust, it may happen in some circumstances that a member of the Country Club may be as interesting to study as a member of the Trades Union Congress.

As regards to the work of my mentor Labrousse, his Sorbonne (Law) thesis on the history of prices in the eighteenth century is still entirely valid. But nobody any more, it seems to me, accepts the arguments of his second thesis, those concerning the ‘inter-cycle’ of economic crisis for 15 years (1774-1789) preceding the French Revolution (except, of course, for a specific crisis of wine-manufacture - but there will always be wine-crises, since everyone knows wine manufacture is prone to disaster, dependent as it is on the caprice of wine harvests). The Revolution is the daughter not of a long ‘Labroussian’ recession, but of a short economic crisis, which was tied in particular to the bad harvest of wheat in 1788. That being said, the Revolution is, above all, the daughter of a long growth, that of the eighteenth century. A growth which, beginning from 1715, exacerbated different antagonisms until the final collapse of the system in 1789.

To return to another part of Brockliss’ criticisms, France was not, without doubt, another England, absolutely not another England which would have been entrepreneurial, dynamic and enlightened. France of this era was still in a corporatist framework. I have never denied this. It was more or less a society in full economic, demographic and cultural expansion, and even if one downplays the figures of Crouzet concerning this growth, there is no reason to throw overboard the positive data of this argument that he reproduces with corrections in his book entitled La Supériorité de l’Angleterre sur la France. And it is really the Revolution at its later stage which halted this growth dear to Crouzet. This doesn’t mean that the Revolution was a bad thing - much to the contrary. Even if Levy-Leboyer qualified the French Revolution by calling it a national catastrophe (strictly from an economic standpoint). As for all revolutions both within and without France, there was a price to pay, a heavy price. In reality, my mentor in interpreting these events was not Tocqueville but rather Guglielmo Ferrero who describes in his book Pouvoir the passage (in the long term) from a hereditary legitimacy to a representative and democratic legitimacy. During the interval which separates the disappearance of the ancient legitimacy of the Ancien Régime from the foundation of the new legitimacy (of the democratic future), there was a lack or want of political legitimacy which was often accompanied by violence. Therefore, there was a danger of temporary dictatorial regimes, like Robespierre, or Bonaparte, in this interval in question (1790-1815, and even beyond). Robespierre and Bonaparte were, of course, very different from each other, I do not try to blur the distinction between them. Suffice to say that my book is not, as suggested by Brockliss, a stultifying elegy to the monarchical conformity of the Ancien Régime. On the contrary, it illustrates the succession of two legitimacies: namely, the hereditary legitimacy of Louis XIV, which had to unravel irretrievably under Louis XV, and then collapse under Louis XVI; and the succeeding legitimacy, that of the modern world, the representative and democratic legitimacy to which, of course, I sympathize openly, not as an historian, who is objective or at least aims towards objectivity, but as a citizen. This second (democratic) legitimacy only comes to fruition in the nineteenth century, notably from the 1880’s, with the advent of the Third Republic. In the Revolutionary period, and above all during the first revolutionary decade, and sometime afterward, one has had to deal with personalities like Robespierre, Saint Just, and several others who were without doubt wonderful grave-diggers of the ancient legitimacy, but who were not yet ready to embody fully the new representative or later democratic legitimacy. They bound themselves thus to use, or at least they believed they were bound to use, the means of the Terror, with all its inherent inconveniences. This Terror reflects the evident absence of a solid legitimacy, the absence which flows inevitably from the exigencies of such a situation, and from their own ‘terrorist’ behaviour. This is a way of saying that the French Revolution was inevitable, and on that I do not see myself, as Brockliss has suggested, as one of the reactionary defenders of the Ancien Régime. This Revolution was thus inevitable yet catastrophic, by dint of destruction, by dint of the economic paralysis deriving from these troubles, wars, etc., and by dint of the paralysis of an until then dynamic French economy. Therefore the revolution was inevitable and yet momentarily catastrophic; but it was also extremely fertile in the very long term development of democratic modernity, which I have never attempted to oppose, still less to rally against in a reactionary manner.

That should exorcise the ghost of the eternal flirting with the academic world, academic in the French sense of the term, the ghost of the l’Académie Française, with which Brockliss believes he must identify me, in order to present me as a reactionary overlord. As far as I know, no academic bicorne waits for me on the horizon, but of course, if that were to happen, I will not forget to inform Brockliss and nominate him as the manager of an electoral campaign to appoint me as one of the Quarante Immortels. That is, however, if he agrees to it.

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